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Le village

Fontaine au Saint - L'ancien lavoir


la source au navet


Le moulin des Glatignys (disparu)


Saint-Loup au trumeau


Miracle de Saint Loup - La cloche et le Roi


Miracle de la pierre précieuse


Plan d'une église monastique


Saint-Loup vue aérienne du site de l'abbaye


Courton le haut - La place


Plan du site de l’abbaye


Saint-Loup - Le site de l'abbaye

Le village

Saint Loup de Naud ….Suite de mots qui glissent comme les sources qu’ils évoquent, comme la douceur et la bienveillance du Saint protecteur…

“Naud” fut le nom premier du village tiré sans doute du celte « lieu rempli de sources » (Félix Bourquelot) . Ce qui laisserait loisir de dire que les habitants de Saint Loup de Naud sont des Naudiens, car on ne sait comment les appeler. Cette origine « aquatique » peut s’expliquer : de nombreuses sources affleurent ici ou là sur le territoire de la commune :
Source des Pimonts, de la Fontaine-au-Saint, du Bélier, des Glatigny, Source aux Navets, Source Ste Marie, Source du Gué de Giboux.
En effet, le sous-sol de la commune est largement argileux, ce qui lui valut une gloire d’un demi-siècle, dans la première moitié du XX° siècle où s’installèrent les premières exploitations minières de terres à faïence et de terres réfractaires de grande qualité, (1903 à 1975)
Saint-Loup ou « Leu » (lupus en latin), naquit vers 573 à Orléans.
De lignée royale, il fut élu archevêque de Sens en 609 et mourut en 623. Il fut enterré, selon son vœu, sous la gouttière de l’église de Ste Colombe (près de Sens).
Sa vie, parsemée de miracles, (Légende Dorée) a donné lieu à un culte très ardent dans toute la Brie et de nombreuses églises lui furent consacrées dont Saint Loup de Naud.
L’homme généreux, doux, compatissant, fut souvent en conflit avec le pouvoir royal et ses aventures avec Clothaire II qui l’exila en 613, puis implora son pardon, sont lisibles dans la statuaire du porche.
L’artiste qui glorifia l’homme en le plaçant au trumeau du portail, a su nous faire lire, dans l’élancée de son corps, la finesse et la richesse des détails, la beauté des traits, toute l’élégance et la bonté du personnage.
Le premier document historique en notre possession, date de 980. Sévin, Archevêque de Sens accordait quatre chapelles aux religieux bénédictins de Saint-Pierre-le-Vif, afin de les aider dans leur vie quotidienne. Une de ces chapelles (altari =autels) fut un sanctuaire dédié à Saint Loup.
On date donc du Xème siècle, la première fondation de la communauté bénédictine de notre village.
La possession des reliques de Saint Loup (des parties de la tête et du corps), va faire du monastère à partir de 1160, un haut-lieu de passage et la fortune du couvent jusqu’au début du XIIIème siècle. Elle va également exaspérer une rivalité très forte avec Saint-Thibault de Provins.
Henri le Libéral, comte de Champagne, seigneur de Provins va étendre les privilèges des moines, en leur transférant ses pouvoirs de justice sur les serfs, non seulement de Saint Loup mais de Courton, toujours rattaché à la commune aujourd’hui. (Peut-être peut-on songer que c’est de là que viennent les antagonismes qui ont existé pendant longtemps entre Courton et Saint-Loup ?)
Il est à peu près certain (cf. étude de Clark Maines Université de Westleyand) que le village représente un aspect à peu près complet d’une exploitation rurale classique du Moyen-Âge.
« Prieuré, maison-forte, village et ferme » Existait-il un seigneur à cette époque, ou était-ce le prieur de l’abbaye le gestionnaire de tous ces biens suffisamment importants pour avoir besoin d’être protégés ?
La fortification autour du village, sa position stratégique, la tour de guet au-dessus de la route, le donjon sans doute à l’emplacement de la Tour du XVème, le mur d’enceinte autour des bâtiments claustraux, la cuisine, le cellier, tout laisse à penser à une église très importante, tout laisse à penser à un monastère assez puissant.
Aucune archive, puisque le prieuré fut brûlé en 1560, ne permet d’être précis et il faudrait faire des fouilles pour retracer le plan précis de cet ensemble.
L’invasion anglaise en 1432, le grand incendie de 1560 marquèrent le déclin du monastère.
À partir du XVème au contraire, le fief de la Haute-Maison (la Tour) et ses seigneurs prit de l’importance et la famille de Saint Phal, également seigneurs de Lourps y vécut jusqu’en 1879 où le fief fut racheté par Paul Delondre, arrière-petit-fils de Louis Delondre qui avait acheté en 1789, la ferme de la Haute Cour à la Chapelle-Saint-Sulpice (archives Lucie Delondre)
Quand on découvrit de l’argile en creusant la ligne de chemin de fer au début du siècle, les Glaces de Boussois du Nord de la France, qui avaient besoin de terres réfractaires pour leurs creusets de verrerie achetèrent toutes les propriétés que Paul Delondre possédait sur le territoire de la commune : terres, bois, fermes, Tour, Prieuré, maisons.
Ils firent venir de la main d’œuvre minière du Nord de la France. Ils logèrent ainsi sur place leurs cadres et leurs ouvriers comme cela se faisait dans le Nord. Ils exploitèrent les terres en galeries souterraines d’où une nombreuse population de mineurs.
Devenus B.S.N. (Boussois Souchon Neuvesel) puis B.S.N. Gervais Danone, ils se désintéressèrent petit à petit de leurs exploitations. N’ayant plus besoin d’argile pour leurs creusets avec les nouvelles méthodes de float-glass, et leur concentration s’étendant maintenant dans le domaine agro-alimentaire, ils vendirent tout leur domaine immobilier, ainsi que les terres et les bois, soit à leur personnel, soit à des particuliers et à l’entreprise Denain Anzin qui devint plus tard Ceratera.

 


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